Un réseau suisse pour les journalistes chrétiens

Association suisse des journalistes catholiques

Remise du Prix Médias pour jeunes journalistes 2022

Lucas Vuilleumier pour la Suisse romande et Lara Abderhalden pour la Suisse alémanique sont les deux lauréats du Prix médias pour jeunes journalistes 2022. Le prix, doté de 1’000 francs, leur a été remis le 2 avril à Berne à l’occasion de l’assemblée générale de l’Association suisse des journalistes catholiques (ASJC).

Lara Abderhalden entre Maurice Page et Christiane Elmer | © Bernard Hallet

A l’heure de l’info ›consommée-jetée’, l’ASJC entend défendre un journalisme de qualité capable de regarder au-delà des apparences immédiates. Un journalisme fait d’écoute et de dialogue selon le thème du message du pape François pour la Journée mondiale des communications sociales.

Lucas Vuilleumier est honoré pour la chronique filmée Gros Sabots diffusée sur le site réformés.ch.  Cette production décalée se veut un « savoureux coup de pied dans les avis tout tranchés qui agitent l’espace public en matière de religion, spiritualité et éthique au sens large ».  la chronique primée revient sur la suppression par la RTS de l’émission religieuse Faut pas croire. Journaliste à l’agence Protestinfo depuis octobre 2020, Lucas Vuilleumier est aussi pigiste pour divers médias romande. Il est également comédien.

Lauréate pour la Suisse alémanique, Lara Abderhalden est honorée pour son podcast consacré à une chorale qui accueille les personnes atteintes de démence. Réalisé pour le média Fadegrad financé par les Eglises catholiques et protestantes de St-Gall et d’Apenzell, son reportage audio aborde avec attention et délicatesse, le rôle de la musique et du chant pour des personnes qui ont souvent perdu leurs autres repères.

Josef Bossart membre d’honneur

L’association a par ailleurs décerné la qualité de membre d’honneur à Josef Bossart. Le journaliste fribourgeois a d’abord travaillé aux FreiburgerNachrichten puis à la Berner Zeitung avant de diriger pendant 18 ans l’agence de presse internationale catholique KIPA à Fribourg, puis à Zurich. Son grand professionnalisme, son souci d’une information argumentée et solide, sa volonté de transmettre cette exigence à ses collaborateurs et ses subordonnés ont renforcé la réputation de la KIPA tant auprès du public que des responsables ecclésiaux.

Reprenant le message du pape François pour le dimanche des médias, célébré cette années le 29 mai, le président de l’ASJC Maurice Page a relevé que « la bonne communication, en revanche, ne cherche pas à impressionner le public avec une réplique choc, dans le but de ridiculiser l’interlocuteur, mais elle prête attention aux raisons de l’autre et cherche à saisir la complexité de la réalité. Il est triste quand, même dans l’Église, des alignements idéologiques se forment, l’écoute disparaît et cède la place aux oppositions stériles.»

Changement climatique et responsabilité éthique

Pour sa partie thématique, l’assemblée a reçu Ivo Wallimann-Helmer, professeur en humanités environnementales à l’Université de Fribourg depuis 2018. L’éthicien a adordé la délicate question de la responsabilité face à l’urgence du changement climatique. Au-delà du principe parfois trop simpliste du pollueur-payeur, il s’agit de s’interroger sur la différenciation équitable des responsabilités, indispensable pour mettre en œuvre les moyens de lutte contre les effets du changement climatique. (cath.ch/mp)  

Écouter avec l’oreille du cœur

Maurice Page, président ASJC

L’année dernière, dans son message pour la journée mondiale des communications sociales, le pape François nous invitait à “venir et voir”. Pour cette année son attention se porte sur un autre verbe, « écouter », qui est décisif dans la grammaire de la communication et condition pour un dialogue authentique.

Parler d’écoute à des journalistes peut vraiment sembler enfoncer une porte ouverte. Mais il vaut la peine d’aller un peu plus loin dans la réflexion. « Ce n’est qu’en faisant attention à qui nous écoutons, à ce que nous écoutons et à comment nous écoutons, que nous pouvons grandir dans l’art de communiquer, dont le centre n’est pas une théorie ou une technique, mais la «capacité du cœur qui rend possible la proximité», rappelle le pape François.

«Ce qui rend la communication bonne et pleinement humaine, c’est précisément l’écoute de la personne en face de nous, face à face, l’écoute de l’autre duquel nous nous approchons avec une ouverture loyale, confiante et honnête.»

L’écoute ou l’audience ?

« Le manque d’écoute, dont nous faisons si souvent l’expérience dans la vie quotidienne, est malheureusement avéré aussi dans la vie publique, où, au lieu de nous écouter les uns les autres, nous « parlons dans le dos des autres ». C’est révélateur du fait que, plutôt que de chercher la vérité et le bien, nous recherchons le consensus; plutôt que d’écouter, nous prêtons attention à l’audience », souligne le message du pape.

« La bonne communication, en revanche, ne cherche pas à impressionner le public avec une réplique choc, dans le but de ridiculiser l’interlocuteur, mais elle prête attention aux raisons de l’autre et cherche à saisir la complexité de la réalité. Il est triste quand, même dans l’Église, des alignements idéologiques se forment, l’écoute disparaît et cède la place aux oppositions stériles. »

« L’écoute est donc le premier ingrédient indispensable du dialogue et de la bonne communication. On ne communique pas si on n’est pas avant tout écouté, et on ne fait pas de bon journalisme sans la capacité d’écouter. Pour offrir une information solide, équilibrée et complète, il est nécessaire d’avoir écouté pendant longtemps. Pour raconter un événement ou décrire une réalité dans un reportage, il est essentiel d’avoir su écouter, disposé même à changer d’avis, à modifier ses propres hypothèses initiales. »

La capacité d’émerveillement

Un dernier point sur lequel le pape attire notre attention est la capacité d’émerveillement. « Seul l’étonnement permet la connaissance. Je pense à la curiosité infinie de l’enfant qui regarde le monde qui l’entoure avec des yeux grands ouverts. Écouter dans cet état d’esprit – l’émerveillement de l’enfant dans la conscience d’un adulte – est toujours enrichissant, car il y aura toujours quelque chose, aussi petit soit-il, que je pourrai apprendre de l’autre personne et mettre à profit dans ma propre vie. »

Si la crise du covid-19 nous a ouvert une petite lucarne pour notre assemblée générale le 11 septembre, elle nous a malheureusement empêchés d’organiser d’autres activités pour l’ASJC. Le comité espère beaucoup pouvoir relancer la machine dès les conditions le permettront à nouveau.

Disparition de Faut pas croire

Le comité, mandaté par l’assemblée générale s’est inquiété auprès de la direction de la RTS de la disparition de Faut pas croire de la programmation télévisée. A côté des quelques messes et cultes télévisés, Faut pas croire assure une présence spirituelle régulière, reconnue et appréciée. Il est donc dommageable pour l’ensemble du paysage audiovisuel romand que cette émission, en passant au digital, soit réduite à la portion congrue, prélude à sa disparition totale.

Ce à quoi Pascal Crittin, directeur de la RTS a répondu en indiquant que « la décision concernant Faut pas croire s’inscrit dans une double démarche d’économies (faire face à la chute de nos recettes publicitaires TV) et de transformation de notre offre (rejoindre le public là où il nous attend, compte tenu de l’évolution des usages médiatiques).

Prix Médias pour jeunes journalistes 2021

L’Association suisse des journalistes catholiques (ASJC) a remis le 11 septembre, à Berne, son Prix Médias 2021.

Pour la Suisse romande, le Prix médias 2021 honore conjointement Helena von Beust et Raphaël Zwahlen pour leur série de reportages TV diffusés sur Telebielingue. Les deux jeunes journalistes ont réalisé un travail d’équipe en deux langues sur le thème «Nos Églises face au changement».

Pour la Suisse alémanique récompense trois jeunes journalistes pour un reportage paru dans la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) sur le destin d’un jeune homme qui s’est réalisé dans la peau d’une ‘dragqueen’ au sein de la nuit zurichoise. (Wie Mark als Draqueeen Kira La fleur zu sich selbst fand).
Nils Pfändler, Linda Koponen pour le texte et Joël Hunn, pour la photo et la vidéo, ont suivi Marc pas à pas dans sa transformation en ‘dragqueen’

Les lauréats du Prix Media 2021, avec le Président Maurice Page